Faut-il être en couple pour être heureux?

Bercés par les contes de fées et roman romantiques en tout genre, nous sommes depuis notre plus tendre enfance « conditionnés » pour et à être en couple. De manière très caricaturale, j’irais même jusqu’à dire que depuis l’histoire même de l’humanité on peut constater que la femme est préparée dès sa plus tendre enfance à être une bonne « épouse » tandis que l’homme est le futur travailleur qui se devra de subvenir aux besoins de sa famille. Ainsi il était peu imaginable, mal vu que ces modèles soient ébranlés, qu’une personne « finisse » seule, que des familles recomposées se constituent et encore moins des familles monoparentales. La société a bien évolué, de plus en plus de personnes vivent et assument leur célibat, mais les paradigmes des siècles derniers sont-ils caducs pour autant ?

 

I- Entre croyances et besoins

 

Dès sa conception, l’homme « appartient » à un groupe, une famille, une société. À sa naissance et durant ses premières années de vie, il est « dépendant » d’un autre représenté généralement par sa mère et/ou une autre figure d’attachement. S’attacher à un autre est primordial pour que le nourrisson puisse se construire, et par la suite en grandissant se différencier, s’individualiser. Or, il apparait que le besoin d’attachement perdure même à l’âge adulte et se reconstruit avec un autre que la mère ou la figure d’attachement, et ce, à travers la relation amoureuse.

 

Vous avez peut-être déjà entendu parler de la pyramide des besoins élaborée dans les années 1940 par le célèbre psychologue Abraham MASLOW.

Ce dernier a réalisé par une représentation pyramidale une hiérarchie de nos besoins. Ainsi au centre de celle-ci nous pouvons lire que pour être accompli et satisfait, l’Homme a un besoin d'appartenance et d'amour ce qui signifie qu’il a incontestablement besoin de l’affection des autres.Ainsi, si l’on se cantonne à cette seule pyramide, nous ne pouvons faire autrement que de vivre avec d’autres pour se sentir heureux, mais est-ce que l’autre doit forcément représenter l’amour (tel qu’il est communément pensé), le couple, l’affection, la vie à deux ?

Et si l’on éprouvait l’envie ou le besoin de faire autrement?

 

II— Vivre seul(e) : casser les codes ou aspirer à la liberté ?

 

 

Au début du siècle, le célibat aux jeunes âges, et plus particulièrement chez les femmes, était rare. En 1911, une femme sur deux âgée de 17 ans était déjà mariée alors que chez les hommes, seuls 10 % étaient déjà mariés avant l’âge de 20 ans [Fargues, 1986].

Le célibat peut-il être voulu et assumer dans la société actuelle ?

Est-il acceptable, concevable de ne pas être prêt à s’engager dans une vie à deux (ou familiale) ?

 

Certaines personnes après plusieurs échecs amoureux, par choix ou par mesure de protection décident « d’accéder » au bonheur seules : vivre une vie de célibataire avec ou sans enfants... Ce type de schéma est fréquent avec également, quand ils surviennent, des mariages de plus en plus tardifs.

 

Est-ce une manière de casser les codes ou est-ce simplement une réponse à un besoin de liberté ?

 

 

Le célibat est un statut ambigu, synonyme de liberté rimant avec bonheur, mais également de solitude faisant davantage écho à la tristesse et à l’angoisse.

 

 

L’individu est un être des plus complexes qui comme son statut l’indique prône son individualité. La société même tend à un individualisme ou le bonheur et l’intérêt de soi priment sur l’intérêt commun.

 

III— Être en couple, un accès au bonheur ?

 

Le couple est à la fois un espace de projection qu’un espace de mise à nue. En couple, il est question de se dévoiler à l’autre, mais aussi de grandir avec l’autre ; de s’accomplir. C’est un espace dans lequel l’être est aimé et apprend à faire des compromis afin de s’accommoder à l’autre pour continuer à le satisfaire et donc à faire couple. Un espace dans lequel il est important d’aimer et de se sentir aimer, reconnaître et se sentir reconnu, mais surtout dans lequel chacun doit pouvoir se sentir LIBRE. Tant de paramètres, de compromis et souvent même de concessions… Est-ce forcément envisageable, réalisable et acceptable pour tout un chacun ?

 

Apprendre à vivre en accord avec soi même Selon le dictionnaire « Larousse », le bonheur représente un état ; état de pleine satisfaction. Finalement, peut-être qu’il n’existe aucun secret pour être heureux si ce n’est que l’être soit satisfait de sa vie, son quotidien, son état…

Faut-il être en couple pour être heureux ? Selon PLATON : « chacun cherche sa moitié », mais de quelle moitié parle-t-on ? Celle d’amour ou une personne avec qui l’on peut partager des moments privilégiés sans pour autant être en couple ? C’est bien là toute la question. Je pense donc que cela dépend de tout un chacun. En effet, la présence d’un autre dans sa vie est rassurante et valorisante dans la mesure où celui-ci répond à nos besoins et attentes personnels.

La question du couple a longtemps été sociétale, surtout du côté des femmes : ne pas être en couple à partir d’un certain âge, ne pas être marié (e) ou ne pas avoir d’enfant peut être difficile à vivre au quotidien de par la pression transmise par le groupe. Le regard de la famille, des amis et plus globalement des proches peut être source de mal être et susciter un sentiment d’exclusion, de mise à l’écart de ce qu’est la « norme ».

Finalement, le plus congruent, le plus opportun n’est-il pas de déconstruire nos croyances, prendre de la distance et faire ses propres choix ? Le bonheur dépend de notre manière d’aborder notre vie.

 

Apprendre à vivre pour soi et avec soi n’est pas un exercice des plus simples, mais la psychothérapie peut être un espace d’apprentissage à cela. 

 

 

Vivre en accord avec ses principes serait-ce là, la clé du bonheur et ce que ce soit célibataire ou en couple. Qu’en pensez-vous ?

 

 

Dorine NKODIA

Praticienne en psychothérapie,

Therapeute de couple