Avril

 

Les violences conjugales

Les violences conjugales

 

 

 

 

 

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1.      Définition

 

 

 

Violence définition selon LAROUSSE : caractère qui se manifeste, se produit ou produit ses effets avec une force intense, brutale et souvent destructrice.

 

 

 

Violences dans le couple, de quoi parle-t-on ?

 

 

 

J'aime à préciser que toutes les violences ne sont pas forcément physiques. Certaines formes de violences passent même inaperçues. Elles peuvent être sexuelles (rapports non consentis par l’autre partenaire), verbales (insultes, dénigrement…) psychologiques (humiliation, dénigrement, rabaissement ...) mais aussi économiques ou administratives (privation d’argent, de documents administratifs…).

 

 

 

Une femme reçue en entretien me disait : « il n’est pas violent, mais il me prive de mes papiers, je n’ai pas le droit de faire des démarches seule. Si j’insiste, il m’insulte alors je préfère laissé tomber. Je l’aime, je ne veux pas le mettre en colère.»

 

 

 

Il est difficile pour les personnes victimes et attachées sentimentalement, même si elles souffrent, de se rendre compte qu’elles sont inscrite dans un schéma de violences conjugales.

 

Les violences conjugales peuvent être récurrentes et cumulatives, les agressions ne sont pas forcément quotidiennes mais elles sont souvent cycliques : elles s’aggravent par ailleurs et s’accélèrent dans le temps.

 

 

 

Ces violences ne sont pas une histoire simple d’un passage à l’acte isolé. C’est avant tout le fait d’être plongé dans un contexte, un climat de peur. Les passages à l’acte ne sont que la partie visible de l’iceberg.

 

 

 

Les tensions permanentes dans lesquelles les victimes de violences sont inscrites, ont non seulement de conséquences sur leur psychisme mais également sur l'entourage (famille, enfant, amis) qui si il est proche est également une victime direct ou indirect.

 

 

 

« La violence à l’égard des femmes est une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre les femmes et les hommes ayant conduit à la domination et la discrimination des femmes par les hommes, privant ainsi les femmes de leur pleine émancipation ».

 

 

 

S'agissant des hommes, on en parle peu, peuvent eux aussi être sujets aux violences conjugales. Quelque soit leur souffrance sont inexistants socialement, juridiquement et politiquement. Comment savoir que vous, hommes victimes de violences, vous existez et souffrez d'une double peine : les violences subies et le fait qu'on ne vous représentent qu'en agresseurs potentiels ? Vous avez-vous aussi le droit d’être accompagné dans vos difficultés. Il n’y a pas de honte à avoir, juste des choses à prendre en main…

 

 

 

 

 

2.      L’ampleur du phénomène

 

 

 

·         En moyenne, le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans qui au cours d’une année sont victimes de violences physique et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire intime, est estimé à 225 000 femmes. L’auteur de ces violences est le mari, concubin, pacsé, petit-ami ; ancien ou actuel ; cohabitant ou non.

 

 

 

   - 3 femmes victimes sur 4 déclarent avoir subi des faits répétés

 

 

 

8 femmes victimes sur 10 déclarent avoir également été soumises à des atteintes psychologiques ou des agressions verbales

 

 

 

 

 

 

 

·         149 000 hommes ont été victimes de violences au sein de leur couple en 2012 et 2013, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (qui s'appuie l'enquête de victimisation « cadre de vie et sécurité »).

 

 

 

·         398 000 Sur la même période, les femmes étaient toutefois bien plus nombreuses à se déclarer victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint et de leur ex-conjoint.

 

 

 

·         Un rapide calcul des victimes de violences conjugales montre que les hommes représentent donc 27 % des cas de violence conjugales et 17 % des cas mortels. La formule – tristement consacrée – : « Tous les trois jours, une femme décède sous les coups de son conjoint » peut toutefois son équivalent pour l’autre sexe : « Tous les 14,5 jours, un homme décède sous les coups de sa conjointe ».

 

 

 

 

 

 

 

Cette violence, plus taboue, est mal représentée par les statistiques. Les hommes en parlent moins, le déclarent moins. Quand 10 femmes sur 100 déposent plainte suite aux violences qu’elles ont subies, seuls 3 hommes sur 100 osent se tourner vers la justice, toujours selon l’ONDRP.

 

 

 

 

 

 

 

En France, la question des violences conjugales n’est prise en compte que depuis une dizaine d’année.

 

 

 

Les conséquences des violences sont désastreuses sur la personne. Il est donc nécessaire de ne plus le cacher et de trouver la force de SORTIR DU SILENCE !

 

 

 

 

 

 

 

3.      En parler sans peur et sans  jugement

 

 

 

Les numéros d’écoute :

 

 

 

  • Le 17 : numéro qui vous permet de joindre la police et la gendarmerie.
  • Le 112 : numéro d’appel unique européen pour accéder aux services d’urgence, valable dans l’Union européenne.
  • Le 15 : numéro spécifique aux urgences médicales, qui vous permet de joindre 24h/24 le service d’aide médicale urgente (SAMU).
  • Le 18 : numéro qui vous permet de joindre les pompiers.
  • Le 114 : numéro d’urgence pour les personnes sourdes ou malentendantes
    victimes ou témoins d’une situation d’urgence, afin de solliciter l’intervention des services de secours (en remplacement des 15, 17, 18).

 

 

 

Chez conseil et thérapie : Je vous accompagne vers la verbalisation de votre souffrance, je vous écoute avec bienveillance et sans jugement afin de vous aider à sortir de votre difficulté.

 

 

 

J’entends souvent les « victimes » se culpabiliser « c’est ma faute… » ou « ce n’est pas sa faute ». Du pareil au même. Ce à quoi j’ai envie de vous répondre : « il n’y a pas de coupable et surtout pas vous, parfois même l’agresseur ne sais pas faire autrement ».

 

 

N’ayez pas honte de vous faire aider. Et n’oubliez pas, vous n’êtes pas seul(e) ! Vous détenez la clé du changement. Je vous aide à la trouver.

Mai

 

En quoi l'inconscient des parents a t-il un impact sur l'enfant à naître?

 

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L'arrivée d'un enfant est un bouleversement à tous niveaux dans la vie des parents. Même avant la naissance, les parents ont un impact sur l'enfant à nâitre. A travers une reflexion personnelle et plusieurs recherches c'est ce que je vais essayer de mettre en lumière dans cet article:

 

 

Afin de répondre à cette question, nous allons commencer par définir l’inconscient. Nous établirons le cheminement conscient et inconscient entre le statut de couple à celui de parent. Nous aborderons ensuite le désir d’enfant et l’étape de la grossesse pour chacun des parents. A partir de cela nous essaierons de trouver une corrélation entre l’inconscient des parents et l’enfant à naître.

 

Le concept freudien d’inconscient

 

Freud a découvert l’inconscient à travers ses études sur l’hystérie.

 

Selon la définition et ce que je peux en comprendre l’inconscient n’est pas comme l’on pourrait le penser une « conscience obscure » c’est-à-dire qu’il ne consiste pas en des souvenirs enfouis dans une partie de notre cerveau ou de notre esprit qui auraient cessé de faire l’objet d’une visée intentionnelle de la conscience mais qui seraient susceptibles d’être actualisés. Ce n’est pas non plus une conscience en souterrain qui resterait en quelque sorte présente en continuité avec la conscience claire. L’inconscient n’est pas davantage de la mauvaise foi ou un mensonge à soi-même par lequel le sujet refuserait de reconnaître comme sien ce qui lui appartient en propre et se voilerait à lui-même ce refus.

 

Pour Freud le terme d’inconscient désigne des processus psychiques spécifiques, totalement différents des processus conscients. Il n’y a donc pas de continuité mais une coupure radicale avec la conscience.

 

 Plus clairement, nous pouvons définir l’inconscient comme l’ensemble des pensées et représentations refoulées et/ou non acceptées par le moi (gouverné par le principe de réalité, le moi est à la fois le siège de la conscience et des manifestations refoulées) parce qu’elles ne sont pas en accord avec le surmoi (à l’origine de la conscience morale)

 

Les pensées dites « refoulement » ne sont pas observable, ni atteignable contrairement à l’inconscient qui peut s’atteindre à travers l’introspection.  L’inconscient n’est cependant pas un lieu définit du psychisme mais un ensemble de forces pulsionnelles. Les pensées, les pulsions censurées par notre inconscient se déguisent pour arriver à la conscience. Pour illustrer cela, prenons exemple sur ce que l’on nomme couramment les actes manqués, les lapsus (que l’on nomme révélateur) ou les attachements affectifs que nous éprouvons à l’égard d’objets, d’activités, de personnes.

En conclusion nous pouvons définir l’inconscient comme un ensemble d’éléments psychiques que nous ne pouvons contrôler sciemment.

 

Maintenant que nous avons plus ou moins compris ce qu’est l’inconscient, nous allons tenter d’expliquer de quelle manière il se manifeste dans nos choix et plus particulièrement nos choix amoureux.

 

Lorsque ce l’on choisit son partenaire, nous pensons toujours le choisir en en toute conscience, et pourtant, c’est l’inconscient qui est au contrôle de nos choix. En effet, au-delà d’être un « emboitement de deux névroses », l’amour est le fruit de l’union de deux inconscients.

 

On aime en effet ce qu'on est soi-même, ce qu'on a été ou ce qu'on aimerait être. Le vécu apparaît donc prépondérant dans la décision du choix amoureux. Des problématiques liées à une vie passée (enfance malheureuse, perte d'un parent ou violences conjugales...) contribueraient ainsi de manière indirect à la mise en couple, en recherchant inconsciemment un conjoint fidèle à ce vécu. Il arrive également que les images que nous avons de nos propres parents influencent le comportement d'une femme ou d'un homme dans sa recherche du partenaire amoureux « idéal ».  Pour exemple pouvant paraitre assez extrême : L'enfant d'une mère battue cherchera peut-être sans le vouloir un homme susceptible de la battre à son tour. Dans un autre cas, un parent autoritaire créera chez son enfant un désir inconscient de trouver un conjoint du même caractère.

 

Comme Freud a pu l’expliquer, on ne cherche qu'à rencontrer ce qui existe déjà dans notre propre inconscient, d'où le rôle prédominant du vécu dans une relation amoureuse.

 

Lorsque le couple fait couple survient parfois, l’envie de devenir parent. Mais que signifie réellement ce désir ?  

 

Freud considérait le désir d’enfant comme un souhait passif relayant le désir actif que représente l’envie du pénis, c’est-à-dire le désir d’obtenir du père le pénis que la mère n’a pu lui donner, sous-entendant que le désir incestueux interviendrait dans toute grossesse. Partagé entre le père et sa fille, ce désir incestueux serait vécu avec plus d’acuité lors de la première grossesse, et tendrait à se refouler après la naissance (Bydlowski, 1978).

 

Ce qui signifie de ce que j’en comprend que lorsqu’un couple désir un enfant c’est en premier lieu un désir incestueux inassouvie (complexe d’œdipe).

 

Ce qui vient confirmer ce que nous ne cessons d’évoquer à savoir que l’inconscient joue un rôle important dans nos choix il en va de même pour nos ambitions à prendre ce rôle. Même Dans un premier temps, même s’il va de soi que toutes les espèces se reproduisent, s’agissant de l’espèce humaine qui est la nôtre, ce ne sont pas les lois naturelles de reproductions qui guident ce désir chez l’être humain. Nous sommes avant tout imprégné par le modèle de nos parents, afin que se poursuive la question de l’affiliation et de succession générationnelle : soit nous nous inscrivons contre, en décidant de ne pas enfanter ; soit nous décidons de la répéter. Vouloir un enfant peut également répondre à la soif d’immortalité́ qui nous envahie tous plus ou moins. Quoi qu’il en soit de notre décision, celle-ci à une signification dans notre inconscient. Signification à laquelle nous n’avons pas toujours accès puisque le désir d'enfant échappe souvent à notre propre volonté.

 

La mère est souvent davantage porteuse de ce désir que le père. En effet, du fait de son vécu et de sa relation avec sa propre mère elle est inconsciemment prédisposée à vouloir porter la vie et devenir mère à son tour. Ce désir se construit lentement, dès les premiers instants de vie et son concrétise lors de la rencontre avec sa sexualité, de sa rencontre amoureuse avec un autre (rencontre que nous avons vu précédemment est-elle même chargé de pulsions inconsciente). Comme s’explique Monique Bydlowski[1][1]:  "Vers 4 ans, la fillette s’éloigne de sa mère – tout en gardant un lien très fort avec elle – et essaie de la remplacer par son père, dont elle souhaite un bébé́. Elle découvre également qu’elle ne possède pas d’organe masculin. Pour compenser ce manque, elle dresse une forme d’équation symbolique : le bébé́ qu’elle rêve d’avoir de son père sera son « phallus », l’équivalent symbolique du pénis qu’elle n’aura jamais. Pensez à ces femmes radieuses qui portent triomphalement leur grossesse : c’est ce que certains psychanalystes appellent les grossesses phalliques".

 

 

 

Le désir de maternité ne s’inscrit pas de la même manière que le désir de paternité Il n’est pas du même ordre. Tous comme certaines femmes, certains hommes ne ressentent pas de besoin de devenir père. Ce qui est primordiale pour ceux qui en ressentent le besoin c’est avant tout d’assumer cette fonction sociale. Devenir père c’est d’une certaine manière entrer en rivalité́ avec la figure paternelle mais, c’est aussi avoir suffisamment " affronté" le sien pour affronter cette place. Dans son inconscient quand l'’homme veut un enfant, il souhaite en réalité être père à la place de son père. Le vécu de tout un chacun joue un rôle prépondérant dans ce choix/désir. Selon les parents que l'on a eus, notre vécu, nos rapports aux autres, nous serons plus ou moins prêt à prendre cette place. Pour exemple :  certains hommes ou femmes détestent (les femmes enceintes et) les enfants parce qu'ils ont potentiellement été victimes de parents maltraitants, et vivent avec la peur de revivre ce qu'ils ont eux même vécus.

 

Tout cela pour dire, que si le désir d’enfant se présente aux parents comme une démarche consciente, pleine de raison, que celui-ci s’inscrit dans un projet programmé il est néanmoins envahis de multiples significations (Bydlowski, 1978) et de désirs inconscients. Ainsi, toute grossesse porte des marques signifiantes qui sont des signes repérables du désir inconscient des parents tel que le moment de la conception, le choix du prénom ect.... Ces signifiants ont toutes leurs importances car ils déterminent l’enveloppe sur laquelle se trace et continuera de se tracer l’identité du sujet et sont souvent en relation avec des souvenirs (parentaux), des affects ou des faits récents importants. 

 

Concernant l’identité de l’enfant à naître, elle se construit avant tout dans l’inconscient des parents. On peut alors parler d’enfant « fantasmé ou imaginaire ». Toute femme et même celle niant son désir de maternité en vient un jour à désirer l’enfant imaginaire, celui des fantasmes préconscients, celui qui peut tout accomplir, tout réparer, tout combler. Car avant tout, me semble-t-il, désirer un enfant s’inscrit dans un registre narcissique du ou des parent(s) qui, bien au-delà de la loi de la reproduction cherche à se remplir d’un être qui viendra combler un vide dans sa vie, se prouver certaines choses ect… Nous pouvons observer clairement cela chez des parents qui présentent un désir d’enfant insatiable par exemple, des femmes qui multiplient les grossesses : Le désir d’enfant ne peut inconsciemment pas être comblé : « Fantasmer un prochain enfant face à celui qui vient de naître, c’est avoir recours à un tiers séparateur et laisser une place vacante où l’enfant naissant pourra grandir » (Bydlowski, ibid.).

 

Mais que se passe t’il dans l’inconscient des parents au moment de la grossesse et quel impact sur l’enfant à naître ?

 

La grossesse a d’abord été décrite comme une période de crise émotionnelle (Deutsch, 1945 ; Pines, 1982), puis comme une étape de maturation (Bibring, 1959 ; Trad, 1991). Elle est un point critique dans la recherche de l’identité féminine. C’est également un point de non-retour puisqu’elle implique la fin de la femme comme unité indépendante et le début de l’irrévocable relation mère-enfant (Pines, 1972). Au cours de cette période, la femme est au centre d’une crise développementale venant réactiver les sentiments ambivalents et les projections sur le fœtus.

 

Des recherches sur le fœtus nous ont révélé des capacités de perception extraordinaires, motrices et mentales de ce dernier. Ainsi, il serait en capacité durant la période de gestation de sentir dans un premier temps tous ce que ressent sa mère. Ainsi son état conscient ou inconscient aurait un impact direct sur ce dernier. Pour exemple, certaines femmes sujettes aux fausses couches peuvent admettre ne pas avoir désiré leur enfant … ainsi on pourrait expliquer les raisons de ces avortements spontanés. Dans un même registre, les femmes sujettes à des dénis de grossesse disent ne jamais avoir eu conscience de celles-ci. Ces dénis seraient donc des « refoulements » de ces grossesses non désirées. 

 

Il semblerait que la future mère fantasme à la fois sur son enfant à venir tout en étant peu sur son enfant à venir centrée sur elle-même et les conflits avec sa propre mère. De ce fait elle peut être envahis par un certain nombre de projection consciente ou inconsciente sur l’enfant à naître espérant qu’il soit ou ne soit pas l’enfant qu’elle a été par exemple.

 

Deutsch (1945) a travaillé sur les significations inconscientes du fœtus et sur combien la culpabilité, de même que l’identification de la femme enceinte à sa propre mère, peuvent nourrir une hostilité dont les conséquences sont que le fœtus est perçu comme dangereux ou en danger.

 

L’étude du psychisme prénatal, la psychologie du développement et la psychanalyse suggèrent que les événements vécus par l’embryon et le fœtus avant la naissance laissent des traces dans l’inconscient. Freud soutenait que la vie intra-utérine et la première enfance étaient en continuité, qu’il n’y avait pas de rupture entre la vie intra-utérine et de la naissance. 

 

Je conviens à cette théorie puisqu’en effet, lorsqu’un enfant vient au monde il est déjà chargé de toute l’histoire parentale et/ou familiale. Que ce soit du côté de l’homme ou de la femme comme il est stipulé précédemment, des représentations envahissent les parents qui espèrent inconsciemment que l’enfant à naître soit de tel(le) ou tel(lle) façon, physiquement mais aussi dans son comportement. Qu’il ressemble ou pas à l’un de ses parents. Ect… Nos projections ont un impact sur l’enfant à naître.

 

 

Nous allons à présent développer ces projections et tenter de nommer à quel endroit l’inconscient à un impact sur l’enfant à naître. J’évoquais précédemment, les fantasmes qui envahissent les parents durant la grossesse. L’enfant est avant tout un enfant imaginé, imaginaire chargé de projections parentales. Avant l’apparition des premières échographies, cet imaginaire était certainement plus intense puisque le parent se construisait tout l’identité de son enfant à naître selon ce qu’il était lui-même et représentait lui-même.

 

La part d’inconscient des parents constitue la base de l’héritage psychique de l’enfant à naître. Il est également dit que si le père transmet le sexe de l’enfant, il transmet également les comportements à celui-ci. Une hérédité dont sont convaincus grand nombres de parents. Ainsi avant même sa naissance, l’enfant est parlé, pensé, son arrivée est rigoureusement préparée. A la découverte du sexe les projections prennent davantage d’ampleur puisque souvent c’est à ce moment-là que l’on commence à réfléchir au prénom à lui attribuer, que l’on imagine son caractère et son avenir en fonction de son sexe. Que l’on transfert un grand nombre d’espoir sur cet être qui va bientôt intégrer la sphère familiale. Les liens entre les parents et l’enfant sont déjà tissés avant même son arrivée. Ces liens vont s’intensifier tout au long des mois de gestation de l’enfant, ils seront le symbole de l’intérêt que les parents portent à leur enfant à naître, de sa place préexistante mais également de son rôle. L’enfant va être influencé tout au long de la grossesse et même après de par les projections conscientes ou inconscientes de ses parents. Comme a pu le formuler Jung des « influences réciproques, d’inconscient à inconscient », une « contamination psychique » et l’enfant à naître va baigner dans cet ensemble d’impressions, d’émotions sur lequel, sans le savoir, il va s’appuyer pour se construire.

 

Il est prouvé de par différentes études scientifiques que le fœtus perçoit toutes les émotions et interactions qui virevoltent autour de lui il est donc déjà pendant la grossesse impactée par son futur environnement. En effet, l’enfant est déjà, bien avant sa naissance, particulièrement sensible aux interactions, aux états d’âmes qui l’entourent au cours de son développement fœtal et il va subir ces influences tout au long de son évolution et certainement que toute cette vie intra-utérine l’influencera à son tour l’enfant dans les limbes de son inconscient. Il peut être supposé que pendant la période gestationnelle le père n’a pas d’impact direct sur l’enfant puisque ce n’est pas lui qui le porte. Cependant, en raison de la fusion avec la mère, l'enfant ressent " toutes les émotions de sa mère, mêmes celles qui sont refoulées et qu’elle refuse de s'avouer. Ainsi, si le père atteint psychiquement la mère pendant la grossesse, dans certaines cultures d’Afrique il est certfié que l’enfant est également atteint. C’est pour cela qu’au Congo par exemple il est dit que lorsqu’un enfant né avec des traits identiques à ceux de son père c’est pour faire payer sa mère d’avoir eu de mauvaises pensées conscientes ou inconscientes à l’égard du père.

 

Revenons à la question de la projection liée à celle de l’identification : La projection est un mécanisme fondamental du développement de la personnalité de l'enfant ; elle est, en effet, le mouvement inverse, symétrique et complémentaire de l'identification, car s'identifier, c'est non seulement intérioriser l'image d'autrui, mais aussi projeter sa propre image sur celle du modèle. La projection apparaît donc comme un élément essentiel dans la connaissance de soi même dans la mesure où le sujet ne fait, par elle, que prêter à l'autre les désirs, les sentiments, les craintes qui l'animent.

 

Comprenons donc que pendant la grossesse, l’image de l’autre n’est pas intériorisé, l’enfant à naître est alors le reflet que de notre propre image. Ce qui se traduit par des attendus parentaux conscients et inconscients qui auront tout leur impact sur l’enfant à naître. Des parents qui craindront fortement pendant la grossesse que l’enfant devienne d’une certaine manière et pas d’une autre l’induirons inconsciemment et le pousserons peut être vers un devenir qu’ils n’auraient pas souhaités pour lui.

 

Chacune des pensées qui seront refoulées pendant la grossesse auront potentiellement des chances d’influencer le futur bébé (communication inconsciente). Même le choix du prénom de l’enfant (même si est selon les parents fait en toute conscience). Les choix d’un prénom peuvent ainsi être révélateurs des désirs et fantasmes ayant présidés à son choix. Les motivations qui président au choix d’un prénom peuvent prendre leurs sources à travers un environnement varié : familial, culturel, social, environnemental, philosophique, religieux… Aussi, un prénom n’est jamais neutre, il raconte toujours une histoire, celle d’un sujet en devenir étayé sur l’histoire familiale et collective qui a présidé à sa venue au monde. Un prénom est donc chargé par les parents de tout un imaginaire et des désirs inconscients. Certains parents vont ainsi donner à leur enfant, inconsciemment, le prénom d’un membre lointain décédé ou d’une personne qu’ils ont aimés et/cheri. Ce choix, purement inconscient, vient restaurer une histoire familiale ou des relations fragilisée et l’enfant sera à charge de restaurer ce lien tout au long de sa vie. Et, toujours de manière inconsciente.

 

Conclusion :

 

La grossesse est une période de bouleversement total pour les parents, la mère peut développer du stress, des angoisses, des difficultés de santé ect qui peuvent impacter le bébé. Il en va de même pour le père. Les relations qu’entretiennent les parents durant cette période peuvent être perçus par le bébé. Ainsi que les tensions ect…

 

 

 

Après la naissance, certains chercheurs et scientifiques affirment que l’enfant est porteur de souvenirs, tel que des sons, les voix de ses parents ect… Si cette théorie est exacte, alors il est possible d’affirmer que nous portons également des blessures depuis la vie intra-utérine. Même en l’absence d’organes des sens développés, l’conscient capte, enregistre et évalue toutes les informations dans l’utérus et dans l’environnement immédiat de la mère.

 

De nombreux troubles psychopathologiques (angoisses, problèmes de sommeil) peuvent survenir chez l’enfant, ils peuvent être le résultats d’épisodes angoissants de la mère durant la grossesse. Qu’il s’agisse de souvenirs directs do fœtus ou de perception in-utéro de l’angoisse maternelle, des traces peuvent exister dans l’inconscient de l’enfant. Françoise Dolto avait traité de cette question il y a plusieurs années, et elle disait que « le fœtus est une personne ». ce qui signifie clairement que celui-ci vit, qu’il percoit et ressent des choses mais surtout qu’il est doté d’une mémoire. Il ressent les angoisses maternelles voire parentales et les gardes en mémoire dans son subconscient et cela peut ressurgir, avoir des répercussions sur sa vie pendant son enfance, son adolescence voir à l’âge adulte.

Mélanie Klein a posé l’existence du « moi » dès le début de la vie psychique donc de la vie in-utéro et de la violence des angoisses pouvant surgir par la suite.

 

 

 



[1] neuropsychiatre et psychanalyste, spécialiste de la maternité.

Juin

Quels sont les mécanismes inconscients qui président au choix du conjoint?

 

juillet

Quelles sont les étapes de la construction du couple ?

 

 

La construction du couple commence bien avant la mise en relation dite « officielle ». « Être amoureux n’est pas un état, mais un devenir », écrivait le psychosociologue italien Francesco Alberoni dans Le Choc amoureux (Pocket).

 

Les différentes recherches psychologiques, sociales, psychanalytiques et autres permettent d’affirmer que l’amour suit donc une chronologie allant du coup de foudre à la différenciation. Bien entendu, toutes les histoires ne sont pas les mêmes et donc la construction d’une relation de l’un n’est pas identique à celle de l’autre. Ces différences résultent des différentes constructions psychiques de chacun (expériences, vécus, fragilités, forces, influences extérieures…). De même, le passage d’une phase à l’autre n’est pas définitif : il y a des temps de régression, d’accélération, de stagnation… Il n’empêche : toutes les histoires d’amours passent par des stades identiques, ce sont ces stades que nous allons ici définir.

 

 

1. La rencontre

 

 

L’étape de la rencontre est à mon sens bien trop souvent oubliée, hors, elle compte et est même essentielle : Quel que soit le processus de rencontre, une chose est sûre c’est que : « La foudre quand elle tombe ne tombe pas n’importe où » (J.C. Kauffman, « Sociologie du couple », Edition PUF,

 

1993). Les études de J.C KAUFMAN ont montré que les artisans se marient ensemble, les ingénieurs avec des ingénieurs, les professions libérales avec les professions libérales, les ouvriers avec les ouvriers, etc. Ainsi pour la plupart des cas, les personnes vont se rencontrer sur des lieux qui leur sont communs (on parle alors d’endogamie et/ou d’homogamie professionnelle). Cela pourrait de moins en moins vrai avec l’apparition des réseaux sociaux et des sites de rencontre. Cependant, même sur les différents sites de rencontres peuvent représenter différentes classes sociales. Au-delà de la mise en relation de deux être, à cette étape, le corps et l’esprit nous envois d’innombrables signaux nous permettant de prendre conscience de l’attirance éprouvée pour notre futur « autre ». Les personnes qui ont connu le coup de foudre doivent certainement connaitre ce sentiment : les palpitations cardiaques, les mains moites à la découverte de l’être aimé(e) et bien d’autres signes qui laissent entendre à notre cœur que nous éprouvons des sentiments… si ces sentiments et/ou cette attirance sont réciproques le couple peut commencer à faire couple et entamer sa « lune de miel ».

 

 

2. La lune de miel, la fusion, ou période passionnelle

 

 

Lors de cette étape, peut être ressenti le sentiment d’avoir trouvé sa moitié, son évidence… « Tu es celle que j’attendais » ; « Nous sommes d’accord sur tout » ; « Toi et moi ne faisons qu’un » … Aujourd’hui, toute relation, ou presque, commence par une attraction passionnelle. C’est l’amour intense, la « symbiose ». Chacun est ressenti comme fusionné à l’autre. C’est la disparition des limites envers l’un et l’autre. L’agressivité est déplacée vers l’extérieur et marque la frontière entre le couple et l’extérieur (l’agressivité est prise comme ce qui permet de s’individualiser, d’être différent et d’exister comme un être distinct).

 

Cette étape idyllique est importante pour la construction du couple, car elle permet avant tout la création de la complicité. À cette occasion, chacun s’oublie et se noie dans la relation à l’autre. On assiste également à un événement remarquable, c’est l’annulation, l’exclusion par chaque partenaire de tout élément agressif à l’égard de l’autre.

 

Au cours de la lune de miel, chacun s’imagine que si cette relation est aussi intense, l’être aimé est re-narcissisé et re-narcissise l’autre (Ce qui soit dit en passant répond à un besoin humain). Il correspond parfaitement à l’image du partenaire idéal qu’il porte en lui. La fusion peut être vécu comme rassurante jusqu’à un certain degré.

 

Cependant pour que le couple puisse continuer à faire couple, arrive la nécessiter d’un retour à la réalité qui ne peut avoir lieu difficilement sans l’entrée dans l’étape de la crise.

 

 

3. La crise (et son rôle dans la construction du couple)

 

 

La crise est due à une déception vis-à-vis de l’autre, de la relation d’objet. Alors que celui-ci n’était vu que comme un être idéal, il est à cette étape enfin perçu comme potentiellement défaillant. Beaucoup de couples se séparent à cette période, car chacun peut avoir le sentiment que l’autre sujet ne répond plus à aux attentes personnelles. Le processus d’idéalisation touche à sa fin. Même si elle peut être vécue de manière violente, la crise est importante dans le couple, car ce n’est qu’à ce moment-là que chacun va pouvoir se voir différemment et prendre l’autre dans sa globalité.

 

La crise entraine le retour des pulsions agressives et oblige chaque partenaire à entrer dans une phase de deuil de l’être idéalisé. Rappelons que lors de la fusion, les partenaires ont pour sensation de ne faire qu’un. Au moment de la crise ils se sentent agressés et peuvent agresser l’autre qui n’est donc plus soi-même. Ainsi agresser l’objet d’amour serait similaire à soi-même. Ce qui favorise la douleur et la déception puisque cela impacte le narcissisme. Il est difficile de rompre avec sa vision fantasmée de l’amour et d’accepter de vivre une relation non idéalisée. Cependant, les couples qui parviennent à s’individuer lors de cette étape qui est à mon sens la première crise dite celle de différenciations pourront par la suite aller vers une restructuration du couple. La crise permet donc la restructuration.

 

Pour permettre la restructuration du couple à l’étape de la crise, il est nécessaire que le couple soit en mesure de comprendre ce qui les a menés à la crise. Mettre à plat les discordances et désaccords pour réussir à les surmonter.

 

4. De la restructuration à la différenciation

 

Selon la définition dite « commune », la restructuration est une opération par laquelle un ensemble organisé voit sa structure organisationnelle remaniée en vue d'atteindre une nouvelle configuration. Le couple est à lui seul une organisation, un système, après la première crise que nous avons évoquée ci-dessus, il doit s’il veut continuer à fonctionner ensemble apprendre à « vivre ensemble » en acceptant les différences inhérentes à chacun et donc en acceptant de faire le deuil de «la moitié idéale ».

 

La différenciation peut être vécue comme une période de déception vis-à-vis des projections que l’on avait sur l’être choisi. Il n’est pas simple de rompre avec sa vision fantasmée de l’amour et d’accepter de vivre une relation qui ne soit pas tous les jours synonymes de plaisir. Signe de notre attachement à une tradition romantique ou de l’influence d’une société qui fait de l’hédonisme une finalité : nous avons tendance à penser que la fougue des premiers temps est « la » définition de l’amour. Ainsi, les individus qui constituent le couple pourront et surtout devront apprendre à se différencier. À vivre d’une certaine manière indépendamment l’un de l’autre. Cette étape est fondamentale puisqu’elle permet de se retrouver soi-même, de reprendre contact avec ses propres intérêts et objectifs de vie. Sans cette étape, la fusion finit par être vécue comme un carcan dans lequel les personnalités de chacun sont niées.

 

 

Certains couples passent plusieurs années dans une étape ou dans une autre. Cela peut convenir ou dé convenir, à chacun de faire le point et d’évaluer ses attentes.

 

Et vous, à quelle étape de votre couple êtes-vous ?